Rwanda : Les cinq « Kanombe !» Le juge Trevidic s’est effectivement fourvoyé…

 

Rwanda : Les cinq « Kanombe »

Rwanda : Les cinq « Kanombe !» Le juge Trevidic s'est effectivement fourvoyé...
Depuis la présentation du rapport des experts du juge Trévidic le 10 janvier 2012 à Paris qui conclut entre autres que les missiles SAM 16 qui ont abattu l’avion présidentiel le 6 avril 1994 ont été tirés à partir de Kanombe, les réactions vont dans tous les sens. Certains (les officiels de Kigali, toute la presse franco-belge habituellement acquise au régime de Kigali, les journalistes dits « spécialistes de la région »,…), tout ce beau monde voit dans cette indication l’abandon d’une certaine piste dans la recherches des coupables et l’exonération pure est simple de ceux qui étaient mis en examen. Triomphants, ils n’hésitent même pas à faire dire au rapport ce qu’il ne dit pas : désigner clairement les FAR comme étant les auteurs de l’attentat.

D’autres, plus modestes et plus discrets (les enquêteurs, les experts, les parties civiles, les observateurs neutres…), prennent ce rapport comme l’une des étapes dans la recherche de la vérité et qu’il ne met pas fondamentalement en cause les orientations de l’enquête et s’en remettent au juge anti-terroriste pour la poursuite de sa mission jusqu’à ce qu’il découvre la vérité et désigne les véritables auteurs de cet attentat terroriste.

Toute cette cacophonie dans laquelle l’intoxication et la désinformation ont pris la place du bon sens et de la clairvoyance a pour prétexte le fait que dans ledit rapport le lieu-dit « Kanombe » a supplanté « Masaka » parmi les six hypothèses présentées des endroits d’où pouvaient provenir les tirs. Mais de quel Kanombe s’agit-t-il ?

1. Kanombe : Commune

Il s’agit de la commune Kanombe, une des 144 communes de la République Rwandaise avant le chambardement de 2002. Elle faisait partie des 16 communes composant la préfecture de Kigali-Rural qui étaient : Butamwa, Shyorongi, Tare, Musasa, Rushaki, Mbogo, Mugambazi, Rutongo, Gikomero, Rubungo, Gikoro, Bicumbi, Kanzenze, Ngenda,Gashora,et Kanombe. C’est dans cette commune que dans les années 1960, un large domaine militaire fut concédé et dans lequel fut construit un camp militaire. C’est dans la même commune que fut construit l’aéroport international du même nom. La commune Kanombe était frontalière avec les communes de Kicukiro (PVK), Rubungo, Bicumbi, Kanzenze et Butamwa.

2. Kanombe : Secteur

La commune de Kanombe était elle-même subdivisée en une dizaine de secteurs administratifs dont notamment : Busanza, Masaka, Kanombe, Gahanga, Samuduha,… Le domaine militaire, ainsi que l’aéroport international, sont situés dans ce secteur.

3. Kanombe : Domaine Militaire.

C’est dans le secteur Kanombe qu’un grand domaine militaire d’une centaine d’hectares avait été délimité dès les années 1960. Ce domaine touche, à l’Est, le secteur Masaka dont il est séparé par un marais d’environ 1 km et au Sud, le secteur Busanza, tandis qu’à l’Ouest, il jouxte l’aéroport. Au Nord, il est délimité par le prolongement d’une route longeant la piste d’atterrissage. Jusqu’en avril 1994, le domaine comprenait :

a) – Une caserne militaire avec des bâtiments administratifs, des magasins, des ateliers, des garages, les logements des sous-officiers et hommes de troupes ;
- Un quartier officiers avec leurs résidences et leur Mess
- Un Hôpital.

b) Des champs et boisements consacrés aux Travaux Communautaires de Développement (Umuganda). Ces terrains s’étendaient après le quartier des officiers et en contre bas vers les marais séparant les secteurs Masaka-Kanombe et Busanza. C’est là où est localisée la vallée de Nyarugunga où furent lancés pour la première fois les travaux d’UMUGANDA par le président Habyarimana le 01/2/1974. Ces espaces (marais, champs et boisements de l’Umuganda) n’étaient pas clôturés ni gardés.

c) Un champ de tir aux armes légères : celui-ci était aménagé dans la vallée séparant le secteur Kanombe et Busanza.

d) Un cimetière militaire, situé sur le flanc de la colline de Busanza au Sud de la caserne. Il était accessible via la route longeant la piste de l’aéroport par le Sud. Le cimetière n’était ni clôturé ni gardé.

4. Kanombe : camp militaire.

Il s’agit de l’ensemble décrit au §3. a). Seul cet ensemble était clôturé et ses entrées contrôlées.

5. Kanombe : Aéroport.

Il s’agit des installations de l’aéroport international « Grégoire Kayibanda » : piste d’atterrissage, tour de contrôle, halls d’arrivées et des départs etc. et leurs dépendances. Tout l’aéroport était clôturé et l’entrée gardée.

Il ressort de ce qui précède qu’en parlant seulement de « Kanombe », on restera dans le vague. Même en parlant du Domaine Militaire de Kanombe, la confusion reste grande. Seule la lecture minutieuse du rapport technique, notamment les coordonnées exactes d’où seraient partis les missiles, pourra indiquer si les experts ont désigné la caserne, les terrains et champs d’Umuganda, le champ de tir ou le cimetière. Pourquoi continuer à spéculer alors que des données précises sont accessibles ?

Quant à nous, la première lecture, même en diagonale du rapport, nous a tout de suite appris que le point désigné se situait bien dans le Domaine Militaire de Kanombe, mais pas au camp militaire, mais bien à l’extrême-Est du flanc de la colline Busanza, plus précisément dans les buissons situés entre la colline de Masaka, le quartier officiers, la vallée de Nyarugunga et le cimetière militaire de Kanombe.

Maintenant qu’il est établi que le missile qui a touché le Falcon 50 présidentiel a été tiré du Domaine Militaire de Kanombe, et que le même rapport reconnaît que deux missiles SAM 16 furent tirés dont un seul aurait atteint sa cible, espérons que les enquêteurs découvriront pourquoi les deux tubes-lanceurs furent découvert à 3 km plus loin sur la colline de Masaka séparé du lieu par un terrain vague et marécageux. Mais la réponse intéressante attendue est celle qui répondra à la question essentielle : « Qui a tiré sur l’avion du président Habyarimana le 6 avril 1994 ? ». Avec l’intégrité et le professionnalisme unanimement reconnus au juge Trévidic, nous osons espérer l’obtenir un jour, pourvu que la passion et la politique ne viennent pas mettre les bâtons dans les roues du char de la Justice.

Emmanuel Neretse
13/01/2012

Source: muyabyimana.net


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Réponse au Rapport Technique du Juge Français Marc Trévidic. Theogene Rudasingwa.

Réponse au Rapport Technique du Juge Français Marc Trévidic. Theogene Rudasingwa. rudasingwa-kagame-ni-we-wahanuye-iriya-ndege-tuzakomeza-dutange-ibimenyetso-ndetse-na-juji-trevidic-tuzabimwumvisha-neza-maze-urubanza-ruzashyire-ukuri-ahagaragaraRudasingwa : Kagame ni we wahanuye iriya ndege, tuzakomeza dutange ibimenyetso , ndetse na Juji Trevidic tuzabimwumvisha neza , maze urubanza ruzashyire ukuri ahagaragara !

Le 1er octobre 2011, j’ai communiqué au public une confession dans laquelle j’ai indiqué que Paul Kagame était responsable de la destruction le 6 avril 1994, de l’avion à bord duquel se trouvaient les Présidents Juvénal Habyarimana du Rwanda, Cyprien Ntaryamira du Burundi, ainsi que Messieurs Déogratias Nsabimana, Elie Sagatwa, Thaddée Bagaragaza, Emmanuel Akingeneye, Bernard Ciza, Cyriaque Simbizi, Jacky Hérault, Jean-Pierre Minaberry, et Jean-Michel qui furent tous tués.

 

J’ai indiqué que Paul Kagame en personne m’avait dit qu’il était responsable des tirs qui ont abattu l’avion. J’ai dit que Paul Kagame devait répondre de son rôle dans ce crime terroriste qui est l’élément qui a déclenché le génocide de 1994 au Rwanda. J’ai également déclaré que moi-même, ainsi que d’autres témoins étions disposés, capables et prêts pour fournir des informations supplémentaires aux juridictions nationales et/ou internationales qui seraient intéressées pour contribuer à la vérité, à la justice, à la réconciliation et au processus de guérison au Rwanda.

Ni moi-même, ni aucun autre des nouveaux témoins capables et disposés n’avons pu rencontrer le Juge Marc Trévidic, ou tout autre Tribunal international pour leur donner les vraies informations sur les évènements relatifs aux tirs qui ont abattu l’avion.

Aujourd’hui, le 10 janvier 2012, le Juge français marc Trévidic chargé de l’enquête sur le crime terroriste de 1994, a rendu publiques les conclusions du rapport technique fournies par des experts en balistique. Le rapport affirme notamment :

 

a) que les experts penchent plus vers la version des fait selon laquelle le missile qui a abattu l’avion serait parti de plusieurs endroits et en particulier des environs de Kanombe a Kigali ;

 

b) que les missiles étaient de fabrication russe et avaient été livrés par l’Ancienne Union Soviétique ;

 

c)et que  les avocats et les autres parties intéressées ont jusqu’à trois mois pour contester tout éléments relatif au rapport.

A cet égard, je voudrais souligner ce qui suit :
1. Le fait que les missiles aient été tiré des environs de la zone de Kanombe ne signifie nullement que Kagame n’a pas commis le crime ;
2. Le fait que les missiles étaient d’origine soviétique constitue un élément technique essentiel pour déterminer le véritable coupable ;
3. Et nous avons encore le temps, (moi-même et les autres témoins intéressés et nouveaux) pour répondre intégralement au rapport technique et donner des témoignages crédibles au juge Marc Trévidic ou à toute autre juridiction internationale, pour démontrer avec précision que Kagame est l’auteur de ce crime terroriste.

Je confirme avec force l’esprit et la lettre de ma confession du 1er octobre 2011. Le rapport du Juge Marc Trévidic n’a en rien démenti ce que j’ai dit. Pas plus qu’il n’a lavé Paul Kagame de son crime même si Kigali est en train de sortir l’affaire de son contexte pour célébrer ce qu’ils appellent une « victoire ».

Dans les tous prochains mois et années, moi-même, les autres témoins, les rwandais ainsi que d’autres personnes de la communauté internationale qui entendent l’appel, allons continuer à faire en sorte que Kagame réponde de son rôle dans ce crime et dans plusieurs autres actes criminels.

Je tiens à souligner à l’attention de tous les rwandais et de la communauté internationale que ce rapport ne constitue pas un jugement sans appel du juge Marc Trévidic sur cette affaire. Par ailleurs, pour les rwandais, les questions relatives à la vérité et à la justice seront réglées en premier lieu par nous, les rwandais. Même confrontés au fait que la communauté internationale et les étrangers en général se sont illustrés en décevant les rwandais, nous devons avoir foi dans notre lutte pour la vérité, la justice, la réconciliation et le processus de guérison.

Nous devons nous mobiliser et nous organiser, car la vérité et la justice finiront par prévaloir. Nous vaincrons !

Dr. Théogène Rudasingwa
E-mail: ngombwa@gmail.com

 

 

 

L’attaque de l’avion qui a coûté la vie au président Habyarimana pourrait ne pas avoir été commise par les tutsis.(Rapport des Français?

 

Portrait du président rwandais Juvenal Habyarimana, pris le 07 octobre 1982 à Kigali. (AFP/Pierre Guillaud)

Portrait du président rwandais Juvenal Habyarimana, pris le 07 octobre 1982 à Kigali. (AFP/Pierre Guillaud)

 

Quand le président rwandais, Juvénal Habyarimana, décolle de Tanzanie, le 6 avril 1994, il fait déjà nuit. Du fait de l’heure tardive et de l’insécurité qui règne dans son pays, son équipage français a tenté de le convaincre d’attendre le lendemain pour repartir. En vain. Le dirigeant hutu est pressé de quitter le sommet de Dar es-Salaam où, sous la pression, il a dû promettre d’appliquer enfin l’accord de paix prévoyant le partage du pouvoir avec la rébellion tutsie. Il doit aussi ramener chez-lui son homologue burundais, Cyprien Ntaryamira, également présent à la réunion.

A 20 heures 21, le Falcon annonce son approche à la tour de contrôle de l’aéroport de Kigali. Il apparaît tout phare allumé dans le ciel d’encre lorsqu’une balle traçante file à sa rencontre, décrit une courbe, puis redescend. Une seconde flamme orange part du sol et, cette fois, atteint sa cible. A 20 heures 25, l’avion explose en vol et s’écrase près de la résidence présidentielle. Le corps déchiqueté de Juvénal Habyarimana sera retrouvé dans ses propres jardins, ainsi que les dépouilles des trois Français membres d’équipage, Jacky Héraud, Jean-Pierre Minaberry et Jean-Michel Perrine.

Une thèse mise à mal

D’où le missile est-il parti ? La question peut paraître anecdotique, voire dépassée, dix-huit ans après les faits. Elle est pourtant l’une des clés de l’attentat qui a coûté la vie au dirigeant hutu et donné le signal du génocide de 800.000 Tutsis. Pour le juge Jean-Louis Bruguière, qui a le premier instruit l’affaire, sans jamais se rendre sur place, la roquette a été tirée par des rebelles du Front populaire rwandais, le FPR de Paul Kagamé, depuis Masaka, une colline boisée, située à quelques 4 km de l’aéroport. Le but ? Déclencher un processus de guerre pour faire tomber le régime.

Contrairement à leur prédécesseur, les deux magistrats qui ont repris depuis quatre ans l’instruction, Nathalie Poux et Marc Trévidic, sont partis du terrain et non de déclarations recueillies pour l’essentiel auprès d’opposants en exil à Paul Kagamé. Sept experts ont été dépêchés sur place : trois spécialistes en aéronautique, deux géomètres, un balisticien et un acousticien. Leur rapport qui sera remis cet après-midi aux parties fragilise un peu plus les conclusions du juge Bruguière déjà mises à mal par la rétractation de plusieurs témoins.

Selon nos informations, ils ont pu établir que l’avion qui volait alors à très basse altitude a été touché sur son flanc gauche à proximité du lieu du crash, soit à plus de trois kilomètres de la « ferme » de Masaka, point de départ présumé du missile. Cela supposerait alors que le tireur a accroché le Falcon alors qu’il arrivait dans sa direction, puis l’a laissé passer et l’a abattu par derrière. Les experts ont également étudié deux témoignages anciens, passés à l’époque inaperçus.

Carte : le crash de l'avion de Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994
Carte : le crash de l’avion de Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994 (Mehdi Benyezzar-Le Nouvel Observateur

Deux témoignages clés

Le premier émane du dr Pasuch Massimo, un médecin militaire belge membre de la MINUAR, la mission des Nations unies, qui résidait dans un camp des Forces armées rwandaises (FAR) à Kanombe, près de la piste d’atterrissage. L’homme a été auditionné par l’auditorat militaire de Bruxelles quelques mois après l’attentat. Le 6 avril au soir, il se trouvait dans son living quand il a « entendu un bruit de souffle », puis a aperçu « un éclairage filant orange » et enfin « une boule de feu qui s’écrasait sur la parcelle du Président « .

Le second témoin est un Français, Grégoire de Saint-Quentin, lieutenant-colonel des troupes de marines. Assistant militaire auprès des FAR, il logeait lui aussi à l’intérieur du camp de Kanombe, dans la dernière ligne de maisons. « Vers 20 h 30, j’ai entendu le départ des coups, puis l’explosion, raconte-t-il sur PV à Jean-Louis Bruguière, le 8 juin 2000. Puis, j’ai vu une boule de feu dans le ciel « . Cet homme devenu depuis général a été auditionné une nouvelle fois par le juge Trévidic, le 7 décembre dernier. Il a confirmé avoir « entendu deux départs de coups » qu’il situe à 500 ou 1000 mètres de sa villa. Et d’ajouter : « C’était suffisamment proche pour que je crois qu’on attaquait le camp ».

L’expert en acoustique a étudié avec précision la configuration du lieu, la température, les conditions climatiques, afin de connaître les modalités de propagation du bruit, ce soir-là. Il apparaît hautement improbable que les deux militaires aient pu percevoir le souffle de missiles tirés à 3,750 k de là, au lieu dit de la ferme de Masaka. Et surtout, la vitesse de la lumière étant un million de fois plus rapide que celle du son, les deux hommes auraient dû voir l’avion exploser avant d’entendre les roquettes. Conclusion : les tireurs se trouvaient à proximité, voire à l’intérieur, du camp de Kanombe, tenu par des officiers rwandais pour la plupart hostiles au règlement de paix qui imposait la fusion des rebelles et de l’armée régulière. Cette autre piste n’a jamais véritablement été explorée par le juge Brugière : celle d’un coup d’Etat perpétré par des extrémistes hutus déterminés à empêcher l’application du traité d’Arusha et à en finir une bonne fois pour toute avec les Tutsis.

Christophe Boltanski

Par Christophe Boltanski

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